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CR Spartathlon 2014, une aventure à couper le souffle.

Publié le par Manu Ultra Runner

En bas(Bob Miorin, Guilhem Dubourdieu, William Pillas et Philippe Foix) En haut ( Hervé Bec, Moi et Philippe Richet).

 

Une fois de plus, je prend quelques heures pour vous racontez mon expèrience de course d'Ultra, cette fois si il s'agit du monstre "SPARTATHLON".

 

Les évènements stressants d'avant course ont été omnis présent, la cause principal étant AIR FRANCE, entre les changements d'avion, les annulations et bien sur la décision final de participer ou pas à cette épreuve mythique.

 

 

 

J'ai fini par partir le Mercredi 24 Septembre avec un vol en milieu de Journée, je rencontre juste avant de monter dans l'avion Pierre, Cathy et Christian, nous nous quitteront plus jusqu'à l'hotel Emmantina ou l'on sera logé pour les nuits avant et après le Sparte sauf pour la nuit du samedi au dimanche prévu à Sparte pour quasiment que les finishers.

 

 

Je pourrais vous raconter l'ensemble des anecdotes autours de la course mais je garderais ça pour vous en parlez de vive voix, voici ma course , voici mon SPARTATHLON :

 

Stresse au maximum, pluie inconstante sur la ligne de départ au pied de l'Acropole, des journalistes, des caméras, des appareils photos, ça s'agite de partout, tous les pays sont là à prendre la pause, quelques coureurs répondent à des interviews comme juste à coté de moi Philippe Richet se lance en anglais avec un journaliste étranger.

 

La team France fait ses photos, on commence vraiment à être mouillé mais le temps va s'améliorer rapidemment vers 8h30.

 

 

 7H le départ est lancée sur la chaussée descendante et glissante, j'ai respecter les conseils du vieux sage finisher Fyfy Segui en prenant un départ tranquille et très prudent à la limite du ralenti.

 

Je marche pendant 100m puis je commence à courotter doucement car ça glisse qu'en même énormément sur les pavés grecques, j'ai au pieds mes Mizuno coupées au bout pour éviter les chocs sur les orteils ainsi que les frottements.

 

Mon objectif principal est de finir coute que coute, je veux bien me trainer mais hors de question de mettre le clignotant, c'est bien beau ces mots mais une fois dedans, il y a pas mal de pétoche....

 

Qu'il est impressionnant ce Spartathlon avec ses 246km à parcourir en moins de 36h en respectant des barrières horaires qui peuvent vous déstabilisez à chaque CP!

 

J'ai décidé de profiter des 75 CP.

 

Le premier kilomètre est un mélange, un cocktail d'adrénaline, de fierté et de doutes avec de la pluie car il flotte en Grèce, Gilles Pallaruelo au départ pour la 14ème fois(finisher 13 avec celui là) m'avait annoncé 1h de pluie, BANCO! 

 

Je cours à l'aveugle sans montre car j'allumerais ma Garmin qu'à partir du 66ème km afin d'économiser la batterie, j'avais oublié mon chrono basic...j'ai l'impression d'avancer au ralenti mais j'ai promis à beaucoup de monde d'être prudent donc je trottine façon papy.

 

19.5Km, je demande l'heure, et hop parfait timing 1h58', mon rythme de sénateur est validée par le Spartathlon, tant mieux parce que je ne voulais pas accélérer, je pense que je bas le record du départ le plus lent d'un français sur le Sparte, enfin si j'arrive à Sparte je serais tellement heureux et fier de moi que je suis prêt à faire beaucoup d'effort pour y arriver.

 

Le marathon se profil à l'horizon, il ne pleut plus depuis longtemps maintenant et la chaleur monte doucement, cela reste très supportable même si j'ai chaud, mes sensations physique ne sont pas excellentes mais le bonheur d'être là me suffit largement pour me remettre le sourir à chaque mauvaises sensations.

 

Les assistances véhiculés nous encourage souvent, Francoise, Julie, Cathy et Laurence m'encouragerons jusqu'au 80ème km à peu près, elles me crient dans les oreilles, ça me fait un bien fou, tu m'étonnes!

 

42.2km en 4h20, alors là c'est vraiment là ballade, pourtant je ne me sens pas si facile que ça et je reste vigilant, mon rythme marche course va bientôt changer car je vais allumer la Garmin et cela va simplifier et surtout augmenter la précision des moments de marche grâce à l'alarme de temps.

 

66ème km, je passe en 9.5km/h de moy, je récupère mon dropbag au cp 18 arrêt 5', petites récompenses sucrées et je repars en marchant, la chaleur est là, le moral est bon, je pense que je peux rejoindre Corynthe en 9h...

 

Je dépasse William, on discute un peu, il va bien, il à l'air vraiment en forme, dans l'ensemble j'ai trouvé que tous les engagés de la TEAM France étaient en forme, sauf Olivier(manque de sommeil et problême de digestion) et Hervé(souci au pied) d'ailleurs (hellas) ils arrêterons, comme Pascal et Ronan.

 

Laurence ne prendra pas le départ par prudence et sagesse.

 

Le Spartathlon est sans pitié, la moindre méforme et ce sera la sanction tôt ou tard et même si vous êtes dans les meilleurs conditions, la météo et le profil de la bête peuvent vous anéantir à n'importe quel moment!

 

Que c'est bon de se mesurer à ce type de course légendaire!!!

 

J'arrive à Corynthe en 8h54', un chouillat trop rapide, petite anecdote, je m'arrête quand je vois la femme de Pascal, Odile pour lui demander de me mettre un peu de nok sous le pied droit ce qu'elle accepte, je repars et je me rend compte que je lui ai indiqué un mauvais endroit du pied pour la nok, tampis ce sera pour le prochain CP.

 

Je suis légèrement fatigué mais c'est supportable et j'avance toujours, vers le 100ème km premier coup de mou, je passe en 11h40, je décide de prolongé un peu la marche de 2 ou 3' pour souffler un peu mais je ne m'arrête pas, mon avance est toujours d'environ 40' sur la barrière horaire et je veux que cela reste ainsi.

 

CP 32, je me change, c'est le début de la nuit, j'ai suivi les recommandations du dossier Spartathlon de JP et j'ai posé des dropbags sur 7 CP(18,32,47,49,57 et 66), je mange rapidos en marchant, la nuit commence a tomber, et je me rend compte que mes frontales n'éclairent pas assez, j'avais prévu 2 sortes mais ceux sont des jouets pour faire du bricolage et pas pour courir en nocturne!

 

J'arrive encore et toujours avec le sourire au CP 47 mais ce sourire va exploser dans la montagne avec ces 5km de chemins de chèvres, je vais mettre environ 2h30 pour m'extirper de ce passage improbable.

 

Les runnings ouvertes evidemment ne sont pas à leur place sur cette surface caillouteuse et glissante, je perd mon sang froid, j'ai le coeur qui bat à tout rompre, et le pétage de plomb me guette.

 

Il finit par arriver dans un énième virage, ou j'ai deschaussé pour la 5ème fois de mémoire.

 

Pétage de plomb suréaliste, je me fais peur à m'en souvenir, je donne mon dossard à un bénévole dans ce virage dangereux mais ce monsieur me regarde avec un air très compréhensif et me fais comprendre par les signes que je dois descendre avant et garder mon dossard(entre nous je ne l'aurais jamais lacher!!!).

 

J'arrive en bas et à la fin de cet enfer, je suis exténué et quand j'arrive au CP 49 il ne reste plus que 5' d'avance alors que j'en avais 40 au pied de la montagne.

 

Tampis, je retrouve avec joie et confiance la route, et j'espère me refaire une santé jusqu'au petit matin pourtant j'ai le souffle coupé, bizarre, donc je marche quelques minutes pour faire descendre un peu mes pulsations cardiaque. 

 

On me tape sur l'épaule, c'est Pascal, il n'est pas bien, il m'explique qu'il vient de tomber sur la tête dans la descente de la montagne, je regarde son visage, il est marqué et enflé au niveau de la tempe droite...beaucoup plus loin il abandonnera et sera conduit aux urgences.

 

Je continu mon petit bonhomme de chemin, je suis un peu fatigué je titube parfois mais ma vigilance reste suffisante pour courir.

 

Les CP s'enchainent et enfin le petit matin arrive, au loin je vois des lumières, c'est Sparte ou pas, j'y suis...enfin il reste beaucoup de kilomètres.

 

Vers le 170ème, William Pillas me rattrape, et nous allons à partir de ce moment là faire une quarantaine de bornes ensemble avec quelques passage ou l'on se perdra de vue mais la présence et le soutien de William m'aura regonflé le moral.

 

212ème km, après une très belle montée que j'ai couru tout du long, j'arrive à ce CP 66, c'est là que j'ai déposé le Maillot de Monaco, celui ou j'ai mis que je dédiais ce Spartathlon à Céline ma femme , Giovanni mon fils, Stéphane mon ange gardien , et mes trois frères et soeurs d'Ultra ceux de la 442.195km Mika, Alain et Laurence !

 

 

J'attendrais le 230ème km pour revêtir ce maillot qui m'a aidé à parcourir ce Spartathlon!

 

William, son histoire de Spartathlète est fantastique, 7ème participation, (6 fois out) et c'est celle là qu'il va réussir à conclure de fort belle manière avec confiance et humilité, j'étais heureux d'avoir partagé toutes ces heures avec lui, encore mille bravo et toute mon admiration.

 

William s'est envolé, il m'a dit qu'il partait, je lui ai dit fonce tu as des jambes, moi je suis décidément en mode cool, maintenant j'attend Philippe Foix, Philippe avait abandonné vers le 202ème l'année passé.

 

Philippe, c'est du grand bonheur, un fumeur( EL FUMADOR, surnom donné juste après l'arrivée quand il allumera sa première cigarette devant des coureurs argentins ), ce coup ci il peut le finir, il le sait et il a un sacré moral malgré cela ses releveurs le chatouille et c'est ce qui l'avait forcé à rendre son dossard l'année dernière.

 

 

 

Je lui dit que je vais l'accompagner et l'aider, il est heureux de notre collaboration, on rigole, on avance mais on prend un peu trop de temps à chaque CP, d'ailleurs il y a un CP ou il va même se faire masser.

 

On joue avec le feu mais la bonne humeur est là, et moi je suis déja finisher dans ma tête, je lui répète à tous les km que l'on a beaucoup d'avance, on arrive au 235ème km, je suis déja en mode MONACO, le tshirt est sur mes épaules et je me sens si bien si fort que rien ne peut m'atteindre.

 

En route pour la dernière descente jusqu'à Sparte.

 

Philippe est incroyable, il s'arrête, enlève une chaussure, je regarde, il enlève la chaussette et explose devant moi médusé, une énorme ampoule, j'ai bien failli être arrosé!

 

Je lui dit qu'il serait temps de remettre le couvert et de courotter un peu plus, et là qui nous rattrape, une Argentine, et à partir de ce moment là je disparait complètement aux yeux de EL FUMADOR, quel dragueur, même après 240 bornes!

 

 

 

Ce couple improvisé s'éloigne, je les regarde, je crois que maintenant je suis vraiment seul.

 

J'arrive sur Sparte, les klaxonnes et les encouragements sont légions, les enfants qui te demandent des autographes sont partout, j'ai la tête qui bouillone, un bénévole de la course me suit en voiture et à plusieurs reprises, il descend de la voiture pour me dire qu'il reste 2km, je comprendrais plus tard qu'il me disait que j'avais que 2' d'avance sur les temps de passage.

 

J'ai pas de montre, la garmin n'a pus de batterie depuis longtemps, j'avance au hasard, putain c'est long ces lignes droites interminables.

 

L'adrénaline me fait courir mais je dois être si lent, si lent que je me demande quand je vais apercevoir l'immense Léonidas!?

 

La-bas enfin des visages souriants, c'est la dernière ligne droite, je vois Hervé, Michèle, Cathy, Julie, Pierre, Guilhem, j'ai envie de sauter dans leurs bras mais j'avance tel un aimant attiré par cette immense statue, des enfants crient leurs joies, et moi j'absorbe tout, tout de ce moment incroyable, je suis là, en forme, pas blessé, pas meurtri, juste fatigué et immensément heureux, je vie pleinement cet instant magique!

 

Les gens s'agitent autour de moi, Guilhem m'embrasse, Julie me prend en photo, un homme me serre le bras avec une force terrible et m'emmène m'assoire...on m'apporte une bière et là rideau, le froid, le taxi, des bribes de souvenir, le hall d'entrée de l'hotel Sparta Inn, Philippe Foix, Philippe Richet, Robert Miorin et Daniel Cardoso sont là, j'ai froid, nos bagages ne sont pas arrivés.

Philippe Richet parviens à m'avoir une chambre grâce à son anglais efficace, je me couche il est environ 20h, allez Manu 10' puis tu prends une douche, résultat réveil 5h du mat toujours en tenue près à repartir....

 

Pendant le Spartathlon j'aurais croisé que cinq coureurs francais, Bob, Philippe Foix, William, Angel et Pascal mais à chaque fois il y aura eu les mots, les regards qui font que l'on se respecte et que l'on se comprend, on à tous vécu notre Spartathlon pour le meilleur ou pour le pire.

 

 

35H58'...il était moins 2!!!

 

 

Désolé, si j'ai fais des frayeurs à certaines personnes mais c'est bon pour le coeur.

 

 

 

 

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