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10 Questions à...Jean-Benoit JAOUEN ( dit " JBJ " ) Suite...

Publié le par Manu Ultra Runner

 

 

5- Combien de fois as-tu participé au Spartathlon ? 
Sept fois au départ (1993, 94, 95 et 99 puis 2009, 10 et 11), seulement 2 fois à l'arrivée, en 1995 et 1999. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot.

Le Spartathlon a ceci de particulier que l'émotion est tellement forte sur la ligne d'arrivée que, quand on abandonne, on peut filer directement à Sparte où on a alors la chance de pouvoir assister pendant des heures aux arrivées.
Personnellement, je trouve que ce spectacle compense chaque fois largement la déception de l'abandon.

6- Quel est pour toi la plus belle course d'Ultra au monde ?
La plus belle au sens de prestigieuse, sans hésitation le Spartathlon, justement.

Pour son lien à l'histoire de la Grèce Antique et du marathon, pour son caractère international qu'aucun autre ultramarathon ne peut égaler et l'ambiance qui en découle (une trentaine de nations pour 300 coureurs), pour sa difficulté en raison de barrières horaires exigeantes qui valorisent cette épreuve.

Comme dit Gilles Pallaruelo qui l'a terminée 10 fois en 11 participations, "les courses qu'on est certain de terminer ne m'intéressent pas beaucoup...".
Mais, mieux vaut le savoir, le Spartathlon n'offre pas de paysages exceptionnels. Alors, la plus belle au sens esthétique par son cadre est peut-être la Transe Gaule.
Pas parce que je l'organise mais parce que son support est la France et que ce pays offre une variété de paysages exceptionnelle sur une aussi petite surface.
En tout cas, le Texan Don Winkley qui a couru et terminé toutes les éditions l'a dit et écrit en qualifiant la Transe Gaule de "the most beautiful race in the world". Il est pourtant aussi Finisher d'une Trans America !

7- Reste-t-il des places pour la Transe Gaule en 2013 ?
Bonne question.
Actuellement 60 coureurs sont pré-inscrits plus 19 autres en liste d'attente car le nombre maxi de participants ne dépassera pas 60, je préfèrerais même qu'il reste à 50 ou 55. Ca ne m'amuse pas de devoir refuser des inscriptions mais au-delà d'une cinquantaine de coureurs, les problèmes de logistique et de sécurité sur la route deviendraient trop sérieux et, de plus, l'ambiance évoluerait.

J'aime les petites courses où on ne se marche pas sur les pieds. Mais à 18 mois de cette 10e édition, je sais qu'il y aura des désistements pami les pré-inscrits et dans la liste d'attente.

C'est le cas chaque année maintenant que la Transe Gaule est plus connue, certains sont un peu trop enthousiastes un an à l'avance et, quand le montagne approche et se dessine, leur enthousiasme refroidit.
Ceux qui ont une vraie motivation pour participer en 2013 ne doivent pas hésiter à s'inscrire, il ont de vraies chances de pouvoir confirmer leur inscription dans quelques mois.

8- Comment s'annonce la MIL KIL 3 ?

Actuellement 30 coureurs sont inscrits.
Vingt-cinq coureurs au départ, ce serait pas mal, ils étaient 23 en 2008 et 19 en 2009. La MiL'KiL, comme la Transe Gaule, ne cherche pas à faire du nombre et quand des coureurs peu expérimentés me contactent pour s'inscrire, je les mets en garde et je leur demande de bien réfléchir.

Ces courses ne sont pas des épreuves d'un jour et il est préférable d'avoir une solide expérience pour les aborder avec de bonnes chances de bien les vivre.

Alexandre Forestieri, double vainqueur, sera présent pour la 3e fois et Catherine Massif, seule femme à ce jour à avoir terminé l'épreuve était également inscrite jusqu'a récemment mais elle ne viendra pas car elle est retenue en équipe de France des 24 heures et cette sélection est incompatible avec une MiL'KiL en raison des exigences de la FFA.
La liste des participants est consultable sur le site partenaire de la course,

Sur ce même site, comme en 2008 et 2009, il sera possible de suivre le déroulement de la course pendant les 12 jours avec le suivi des positions des coureurs mis à jour tous les jours.
Une majorité d'entre eux a deja couru la Transe Gaule, trois autres ont couru de Los Angeles à New York l'été dernier, quelques étrangers pour la première fois et puis 5 filles inscrites, c'est mieux que bien ! Comme cette course n'a pas vocation à être organisée chaque année, on ne sait jamais si ce sera la dernière édition.

9- As-tu envie de créer un nouvel Ultra prochainement ?

J'ai un projet utopique, une Trans Europe de Brest à Istanbul que j'aime bien remettre sur le tapis de temps en temps en me disant que d'en parler donnera peut-être des idées à d'autres...
Je connais la route pour l'avoir déja faite et ce serait une belle traversée, la France sur près de 1500 kilomètres, puis la côte adriatique, l'Albanie et le nord de la Grèce pour teminer à la porte de l'Asie dans cette très belle ville qu'est Istanbul.
Mais ça restera utopique parce que je n'oserai jamais organiser un truc pareil à l'étranger.
L'Allemand Ingo Schulze qui va organiser sa 3e Trans Europe cette année le fait bien et chapeau à lui !
Je ne me sens pas assez solide pour me lancer dans une telle entreprise où il faut loger et nourrir plus de 60 personnes tous les jours pendant deux mois dans des pays dont on ne parle pas la langue, c'est une organisation de fou.
Plus réaliste, j'ai le projet d'une course par étapes d'environ 500 km en 8 jours autour du Finistère, mixant bords de mer et intérieur des terres, qui aurait lieu en été.
J'ai failli l'annoncer en 2010 pour 2011 mais c'est à ce moment-la qu'ont été créées en même temps trois nouvelles courses par étapes, la 442,195 en Eure-et-Loir, l'Ultra Trace de St-Jacques et l'Etoile Savoyarde.
J'ai donc reporté car la population de coureurs intéressée par ce type d'épreuves, même si elle augmente, reste limitée.
C'est une vraie satisfaction que ces nouvelles courses par étapes aient vu le jour dans le sillage de la Transe Gaule, toutes créées par des personnes qui y avaient participé, soit comme coureur soit comme accompagnateur de coureur.
Et le mouvement continue puisque cet été sont annoncées deux autres nouvelles épreuves, La Loire Integrale sur 17 jours et la Corrézienne sur 5 jours, également à l'initiative de deux anciens participants à la Transe Gaule.
Ces courses sur lesquelles les gens se côtoient pendant plusieurs jours offrent forcément une ambiance différente et c'est ce qu'on en retient.
Mais y a-t-il une population suffisante pour faire tourner toutes ces courses concentrées entre avril et août ? On va bientôt le savoir.
Il faut se lancer, en proposant des organisations basiques, en engageant un minimum d'argent.
On ne sait jamais où cela mènera. Et si ca ne marche pas, on laisse tomber.

10- Quel est ton secret pour durer, et connais-tu le secret de Gérard Denis ? 


Le secret de Gérard Denis, c'est la diététique, pâté Hénaff et rillettes du Mans ! Plus sérieusement, GéGé dit toujours qu'il a couru toute sa vie, pour s'entretenir.
Il n'est venu à la compétition et à l'ultra qu'au moment de la retraite.
C'est quelqu'un de simple et de rustique, qui aime rire, chanter et boire des bières avec les copains et qui vit dans une jolie petite maison en bois au bord de la mer, avec sa femme Nicole.

Il a plein d'activités diverses, footing quotidien, pêche et le karaté qui l'occupe beaucoup, il est ceinture noire 2e Dan et moniteur auprès des enfants dans son club dont il a été président pendant longtemps.
Il ne faut pas chercher ailleurs son secret, c'est son goût pour la vie et pour les gens qui lui donne l'enthousiasme et l'énergie.

J'ai beaucoup d'admiration pour sa philosophie de vie et aussi pour sa complicité avec Nicole qui est toujours à ses côtés lors de ses courses, soit pour l'assister en particulier, soit comme bénévole pour l'organisation.

Je l'admire au point le copier pour certaines choses et c'est pour cette raison que, comme lui, je ne dis jamais non à une petite bière. Pour durer, il faut préserver le plaisir, c'est essentiel, c'est le moteur, et pour cela trouver des sources d'inspiration.

Ne pas écarter les courses plus courtes et plus rapides que les courses d'ultra.
Le marathon est un bel effort, ni trop court ni trop long, assez intense mais pas trop violent et dont on récupère vite lorsqu'on est ultramarathonien, c'est une excellente préparation pour l'ultra.

Comment durer sans se blesser ? Beaucoup de vieux coureurs le disent et je partage cet avis, en matière de course à pied, ce n'est pas la quantité qui tue mais l'intensité.
C'est ainsi qu'on voit des coureurs de plus de 60 ans et de plus de 70 ans qui réussissent par exemple à avaler les 5000  kilomètres d'une Trans Europe en deux mois, sans pépins physiques.
Mais nous ne sommes probablement pas tous égaux face à une même charge de travail et nous n'avons pas non plus tous les mêmes capacités de récupération.
Alors, lorsqu'on a la chance de faire de l'ultra sans se blesser, il faut aussi savoir dire "Merci papa, merci maman".
UN énorme Merci JBJ,  et à très vite sur la route....

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